A M. Laurent Bado :"Cessez d’être naïf"

Publié le par Parti de la Renaissance Nationale

Monsieur le Président de l’OBU, Votre écrit titré « Crise à l’OBU et au PAREN : Les révélations de Bado en intégralité (cf. http://www.lefaso.net/article.php3 ?id_article=8244) m’a permis de vous connaître un peu plus, ainsi que les autres politiciens du pays des hommes intègres.

Il a aussi permis de se faire une autre image du Président du Faso. J’ai d’ailleurs fait une analyse de l’écrit. J’ai hésité de l’envoyer pour publication avant de me convaincre qu’une des parties pourrait intéresser nos lecteurs vue l’ambiance politique qui prévaut. Quant aux autres parties, elles concernent uniquement votre projet de société que je trouve du reste réaliste et réalisable.

Vouloir accéder au pouvoir sans coup férir. A travers votre écrit, monsieur le Président, il apparaît que vous n’aimez pas vous souiller. Je vous le concède. Mais que dire de celui qui accepte des millions de francs dans un pays aussi pauvre que le Burkina ? Avez-vous fait quelque chose d’aussi méritant pour le Président du Faso ? Savez-vous seulement d’où viennent les 45 millions ? Comment un intellectuel de votre âge et de votre trempe peut-il croire que l’on peut accéder au pouvoir sans coup férir, avec l’argent de l’autre ? Cela n’a existé nulle part et si vous n’étiez pas un grand frère, je dirai que vous êtes très naïf.

Beaucoup d’illusions. Mais bref ! excusez-moi, vous qui osez penser que « le régime est pessimiste sur l’avenir du pays ». Là également, je peux faire l’effort de vous le concéder, vous sachant pouvoir disposer de plus d’informations. Mais n’allez pas jusqu’à imaginer que le CDP est en manque de cadres capables d’innovation pour que l’on vous fasse appel. N’est-ce pas que tous les intellectuels burkinabé sont formés dans les mêmes écoles (française, américaines, russes...) et pétris dans la culture burkinabé ?

Donc des hommes capables d’innovation, y en a à gogo, y compris des idéologues. Et partout, y compris au CDP. Par ailleurs il se dégage de votre écrit que vous n’êtes pas capable d’avaler certaines pilules. Aussi, pour parler des trois anciens députés de PAREN vous écrivez : « ... Je me rends compte qu’il me faut un ouvrage sur chacun d’eux ... ces trois orpailleurs principaux de classe exceptionnelle en quête d’honorables justificatifs à leur basse et honteuse trahison de tout l’électorat du PAREN ».

L’ami d’hier , on le laisse avec sa conscience. Non ! je crois que le PAREN est le parti le plus proche des réalités africaines de par sa philosophie. Et en Afrique, on se garde de salir le nom de l’ami d’hier. A ce niveau, avouons que le Président du Faso marque beaucoup plus de points. Il sait trop de choses de nos hommes politiques dont bon nombre a eu à composer avec lui. Mais il ne les dénonce pas publiquement.

Je sais que dénoncer est l’une des armes qui manque au Faso. Mais attention ! il faut que l’objet de dénonciation porte sur l’intérêt hautement public et non sur des questions bassement individuelles. Mais enfin ! Monsieur le Président, je crains que certaines dénonciations n’amènent les « grands électeurs » à croire que lorsque vous serez président du Faso, vous direz tout sur vos amis d’hier pour peu qu’ils aient choisi de vous lâcher ?

Tout laisse à croire que... et les traîtres, vous en aurez tous les jours si vous ne cessez de penser qu’en politique, le nerf de la guerre, c’est l’argent, comme votre écrit semble le confirmer. Et le Président du Faso semble en avoir, lui qui donne des millions. Certainement que c’est pour cela que le non-dit de votre écrit lui fait la part belle.

La part belle au Président du Faso. En effet Monsieur le Président, une analyse, même superficielle de votre écrit, ennoblit le Président du Faso, prouve qu’il est un vrai politicien. Mais mieux, il apparaît comme un ange, un bon Président. Et pourquoi donc ? Pas d’abord parce que conscient de ce que avance son supposé envoyé : « ils sont un cercle restreint qui analyse la situation nationale. Elle n’est pas satisfaisante. Il faut même craindre le pire pour l’avenir. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il nous faut une opposition forte, constructive pour dynamiser notre grand parti et ayant des idées, un programme alternatif pour assurer demain la relève car, nous n’avons pas l’idée de nous éterniser au pouvoir.

Avec une telle opposition, notre démocratie sera un modèle aux yeux des bailleurs de fonds et puisque sur 100 F investis au Burkina, 90 F sont donnés par eux, nous aurons plus de financements pour notre économie. Nous avons tenté de susciter cette opposition forte, constructive, dynamisante pour le CDP, mais les opposants se sont révélés malhonnêtes ». Disons en passant que je suis sidéré de savoir qu’il y a des politiciens qui pensent que l’avenir du Burkina Faso est fonction de la volonté des bailleurs, de leur aide...

Je ne dis pas également que le Président du Faso apparaît comme un ange, un bon Président parce qu’il vous a remis 45 millions, car il ne s’agit là que d’un geste qui démontre qu’il partage le gâteau et parfois pour très peu de raisons valables. C’est un homme généreux serait-on tenté de dire. Mais je le dis d’abord et surtout parce que vous permettez au Président du Faso de faire penser, très insidieusement, à ceux qui n’ont plus le temps de réfléchir parce que assailli par le quotidien, qu’il n’y a pas, dans le mega parti, une personne qui puisse relancer le Burkina qui depuis des décennies est classé parmi les derniers du monde.

Vous lui permettez aussi de dire que sa ferme volonté de développer le pays est très amoindrie par le comportement des hommes et des femmes, notamment ceux de l’opposition. N’écrivez-vous pas que selon les propos de l’envoyé et je cite « tous les opposants que vous connaissez [c’est l’envoyé qui parle] ont été financièrement soutenus par nous dans ce sens, mais non contents d’utiliser cette aide à des fins personnelles, ils sont les premiers à nous insulter, à dire que le régime est corrompu alors qu’ils sont aussi, sinon plus corrompus que nous, à afficher un esprit revanchard ».

Ah ! Monsieur le Président de l’OBU, n’oublions pas que nombreux sont les Burkinabé vivant au dessous du seuil de l’extrême pauvreté. Et la montée n’est pas pour demain si l’on continue avec la logique actuelle. Et devant l’histoire, toute la responsabilité aurait incombé surtout au Président du Faso.

Mais votre écrit nous permets désormais de dire : « Oh ! pauvre Président du Faso. Pardonnez-nous. Nous qui ne savions pas que vous faisiez des pieds et des mains pour impliquer toutes les ressources humaines disponibles pour le développement du Faso. Rassurez-vous, à l’impossible nul n’est tenu et nous n’ignorons pas que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Président Compaoré ! En avant, vive vous ».

En outre, Monsieur le Président de l’OBU, vous démontrez que le Président du Faso reste le seul homme à pouvoir gouverner ce pays puisque même les membres influents de l’OBU, jadis connus incorruptibles, ne sont que des corrompus. Ils le prouvent d’ailleurs en acceptant 45 millions pour zéro service rendu. N’osons surtout pas imaginer combien de millions ils prendront des caisses de l’Etat quand ils seront au pouvoir.

45 millions de francs pour zéro service rendu. Ainsi donc, c’est se leurrer que de penser que l’on vous croira lorsque vous écrivez : « C’est une évidence qu’on veut m’abaisser, me nuire et me détruire et, à travers ma chétive individualité, vous tous qui constituez l’armée d’élite pour bouter hors du Burkina l’injustice, la corruption, les inégalités, l’enrichissement illicite ou sans cause, les fraudes et les arnaques ». Question Monsieur le Président : les 45 millions s’inscrivent dans quel cadre ? la CORRUPTION ? l’ENRICHISSEMENT ILLICITE OU SANS CAUSE ? l’ARNAQUE ? Laissez moi rire !

Monsieur le Président, vous donnez raison à ceux qui se disent que « le Président du Faso est et doit être monsieur Compaoré. Parce que lui au moins, il n’aurait plus besoin d’argent. Donc il ne volera pas. Mieux, pour le prochain septennat, il trouvera les hommes qu’il faut. N’est-ce pas qu’il a déjà entamé les démarches ? Sauf que les élus de l’OBU l’ont déçu. Tout comme les autres d’ailleurs. Ah ! Pauvre Président du Faso.

Et on le comprendra mieux, et on le défendra corps et âme en le votant massivement le 13 novembre. Voici le résultat de votre écrit. A sa juste valeur, il ne vaudrait pas moins de 45 millions de francs. Monsieur le Président, si j’ose croire les résultats de l’analyse critique de votre écrit, vous venez d’augmentez au maximum la cote du Président du Faso. Ce n’est pas mal en soi si l’on sait qu’il vous a donné 45 millions. C’est même mieux ainsi. Un but partout, de quoi libérer votre conscience pour un nouveau départ, un départ plus sain.

Votre sincérité vous fait prêter le flanc. Départ pour départ, tout n’est pas cependant perdu, surtout si l’on sait que le rythme des mots conjugués à leur sens témoigne très clairement que vous êtes sincère dans votre écrit. C’est inconsciemment que vous avez prêté le flanc. Tout ce que vous dites des 45 millions est sûrement fondé. Votre mea culpa est acceptable. Et ils sont déjà nombreux à l’avoir accepté.

Votre écrit est un mea culpa. Si à votre mea culpa s’ajoutent les réelles motivations qui vous ont conduit à la politique ainsi que votre projet de société très bien ficelé, il me semble que vous êtes l’un des meilleurs candidats pour les présidentiels de 2005. Vous avez vraiment du mérite et je suis convaincu que vous ne ferez pas piètre Président du Faso. Il ne vous reste alors qu’à prendre le pouvoir d’Etat.

Pour prendre le pouvoir d’Etat, il vous faut, Monsieur le Président de l’OBU, un minimum : · Cessez d’être naïf. · Sachez que même le chemin de l’enfer est parsemé de très bonnes intentions. · Travaillez plutôt à avoir la confiance de votre base, une base qui devra être chaque jour plus consciente des enjeux surtout que déjà, des burkinabés « conscients et responsables, déterminés à changer le cours de notre histoire, à sortir notre pays de l’ornière avec la même passion et le même volontarisme que les frères Gracques combattant la Rome corrompue des temps héroïques » sont nombreux à croire que pour peu que vous vous corrigiez, vous serez le meilleur. Alors devenez le meilleur en préférant les escaliers à l’ascenseur. Je dis les escaliers.

Les escaliers, c’est mieux pour vous. Certes les escaliers c’est plus lent, mais c’est plus sûr. Ce conseil, le Pr B. B. Ouoba me l’avait donné. Et je m’en réjouis énormément aujourd’hui. Acceptez-le également et vous participerez au mieux au bonheur des burkinabés. N’est-ce pas ce qui vous est le plus cher ! En tout cas votre écrit le laisse paraître et cette affirmation en est la preuve : « ... le Burkina Faso est dans la situation du pays que guettent simultanément deux crises : une crise sociale tragique s’il ne fait rien pour changer son système économique et une crise politique s’il fait quelque chose. L’OBU préfère la crise politique passagère dont la résolution ouvrira une ère nouvelle au pays des hommes intègres... »

Le langouste

(Tel (33) 06 27 23 30 98

Publié dans Droit de réponses

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