Apekira Gomgnimbou (PAREN) : "Que le CDP accepte et assume sa défaite à Pô !"

Publié le par Parti de la Renaissance Nationale

Elu premier délégué communal de Pô sous la Révolution, Apèkira Gomgnimbou milite depuis dans le Parti de la renaissance nationale (PAREN). Celui-ci ne s’est pas présenté aux élections municipales cette année à Pô. Pourtant, il a battu campagne aux côtés du candidat du PAI, le maire déchu, Henri Koubizara.

Véritable harangeur de foules, Gomgnimbou ne manque pas de faire des révélations à chacune de ses interventions. C’est un homme qui, visiblement, n’a pas la langue dans la poche que nous avons rencontré.

Le Pays : Vous êtes membre du Parti de la renaissance nationale (PAREN). Pourquoi ne vous êtes-vous pas présenté à ces élections ?

Apèkira Gomgnimbou : Je ne me suis pas présenté pour des raisons propres à mon parti. Je suis effectivement un militant du PAREN et, dans la mesure où je suis discipliné, j’ai respecté les directives de mon parti. C’est simplement pour cela que je ne me suis pas engagé. Autrement dit, j’aurais pu m’engager sous la houlette d’un quelconque parti, quitte à perdre. A l’interne du parti, nous avons jugé les avantages de se présenter ou pas. Et comme le PAREN n’est qu’un parti d’idées et non un parti "friqué", nous avons estimé que nous pouvions économiser nos efforts et nos maigres ressources et donner plus de chance à d’autres qui pourront représenter valablement la commune de Pô, au lieu de nous engager, aller sans doute droit à l’émiettement et, au finish, nous retrouver avec une opposition désunie. Voilà pourquoi je n’étais pas candidat.

Pourtant, pendant la campagne, on vous a vu aux côtés de Henri Koubizara, le maire déchu.

Vous me posez la question de savoir pourquoi j’étais aux côtés d’Henri pour battre campagne ? Vous savez, la vie de l’homme est faite d’histoires, et ces histoires conditionnent l’engagement de celui-ci. J’ai eu la chance, sous la Révolution, d’être élu premier délégué communal de Pô. En 1985, quand nous avions élaboré le 1er budget de la commune, il était de 3 millions de F CFA. En 1990, l’année de déconnexion des structures populaires, en 5 ans, nous avions amené le budget communal de Pô à 60 millions sans les infrastructures qui existent actuellement et qui puissent donner un plus à la commune sur le plan budgétaire.

Surprise totale, je me rends compte que notre commune, 16 ans après, est incapable de budgétiser 50 millions pour son fonctionnement. Le maire de Pô aujourd’hui n’a pas de téléphone et traîne aussi des factures impayées de la SONABEL. Je crois sans me tromper que notre mairie a actuellement un crédit de 27 à 29 millions sur le dos. Comment justifier cela ? C’est une insulte due à une gestion chahotique et incompétente de ceux qui ont déjà géré cette mairie. Aujourd’hui, ces mêmes gens, pour maquiller leur incompétence, battent des ailes sur le nom du président Compaoré.

Et je dis non ! Le président Blaise Compaoré est le président de tous les Burkinabè avec son programme de développement pour le Burkina. Les dirigeants communaux, les locaux doivent avoir aussi leurs initiatives propres à eux. Leur programme propre à eux pour développer leur localité, et l’action présidentielle ne sera qu’un appui. Mais on ne peut pas croiser les bras et ouvrir les yeux sur Blaise sous prétexte que c’est lui qui viendra développer Pô. Il y a combien de communes au Burkina qui attendent le même Blaise ? C’est le manque d’initiatives doublé d’incompétence, de carence notoire, qui expliquent aujourd’hui l’état délabré de Pô. Voilà ce qui m’a écoeuré et qui m’a engagé à militer pour le changement, et en espérant que nous allons opérer un changement qualitatif au bénéfice de tout Pô.

Justement, il y aura un changement à Pô. Mais à ce propos, des gens laissent croire que cela est dangereux pour Pô.

Si les gens pensent que ça c’est dangereux, qu’ils continuent à penser ainsi. En tant qu’enfant de Pô, vivant à Pô, ayant ainsi l’expérience de cette commune, je me dis que nous venons de quitter un danger également. Car Pô était toujours dans un danger, Pô était embrigadé. Aujourd’hui, nous sortons d’un danger. Certains pensent que c’est un danger qui guette Pô pour d’avoir osé. C’est normal, c’est peut-être un danger pour eux mais pas pour Pô. Parce que Pô n’avait rien avec les autres. Et il avait tout perdu avec les autres. Aujourd’hui, je pense que ceux qui pensent qu’un danger guette Pô, c’est leur danger qui les guette du fait qu’ils ne soient plus aux commandes et qu’ils ne vivaient que du faux et usage de faux, et qu’apparemment cela va prendre fin.

A votre avis, le maire pourra-t-il travailler sans difficulté ?

Sans difficulté ? La vie de l’homme est constituée de difficultés. Le maire en aura mais il faut les surmonter. Il a eu des difficultés à accéder à la mairie de Pô, il aura des difficultés à gérer la commune. Mais comme c’est tout un monde qui l’a élu, c’est ce même monde qui va se mettre à son service pour minimiser les difficultés qu’il aura à rencontrer. Je pense que Pô doit compter sur lui avant de compter sur l’extérieur. Je pense que si Pô a dit non aujourd’hui, ce n’est pas du fait de la personne d’Henri. Il faut faire un regard rétrospectif.

Il y a un fils qui a prôné le changement ; lequel changement a été une fois de plus bafoué. On a donné l’occasion à Pô qui a signé son héroïsme historique. Je crois que toutes les personnes avisées doivent pouvoir soutenir Pô dans ce sursaut héroïque et historique pour qu’on ne retombe plus dans les erreurs du passé. Henri est un individu comme tout autre ; il a ses erreurs et ses qualités, mais travaillons à ce que les qualités dominent les erreurs.

Que pensez-vous que le conseil municipal puisse faire pour gagner la confiance de la population ?

Je ne suis pas conseiller mais je suis un militant du changement, du bien-être de Pô. Cela dit, je pense que c’est la population qui doit d’abord se mobiliser autour du maire, du conseil municipal pour qu’il soit efficace. S’il m’est permis, je pourrais lancer un appel à tous les enfants de Pô, notamment à sa jeunesse pour que dès maintenant, nous réfléchissions à comment soutenir les actions de développement du conseil municipal.

A quelles actions pensez-vous au juste ?

La première action à Pô, c’est la conscientisation des populations à se prendre en charge, à ne pas être attentistes, à ne pas croire à ce que des gens ont dit pendant la campagne, à savoir que Blaise Compaoré ne donnera rien à Pô parce que le CDP ne contrôle pas Pô. A ces gens, je leur retourne la même question. Pendant les 10 années que le CDP gouvernait la mairie de Pô, qu’est-ce que le président a donné à Pô. Je dis que Pô doit se donner les chances de compter sur elle-même et il faut d’abord une prise de conscience collective. Il faut que nous partions là où nous pouvons avoir de quoi venir développer Pô.

Propos recueillis pas Nouffou ZONGA (Collaborateur)

Le Pays

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