Députés démissionnaires du PAREN : "Démissionnez de l’Assemblée nationale !"

Publié le par Parti de la Renaissance Nationale

Des militants du PAREN, section de Bobo Dioulasso, sont mécontents de la démission de trois députés de leur parti. Ils leur demandent dans cet écrit, de démissionner de l’hémicycle.

 

Notre éducation et notre philosophie ne nous autorisent pas certains propos. Mais nous avons le devoir citoyen d’attirer votre attention sur votre comportement, et d’informer en même temps nos frères, surpris, espérant vous aider à sauver ce qu’il vous est encore possible de sauver. Un devoir d’éducation. Ceci dit, votre comportement méritait que nous ne vous comptions plus parmi ceux que nous considérons comme des hommes. Dans l’Afrique traditionnelle, une telle abomination méritait l’exil loin de la terre des ancêtres. Elle a pour noms : perfidie, avidité, prostitution, sacrifice du patrimoine commun sur l’autel de ses plus bas instincts, tentative de "génocide".

 

"Votre perfidie"

 

Nous avons la nausée devant le peu de respect que vous faites à votre propre intelligence autant qu’à la nôtre : les crises auxquelles vous faites allusion, si elles étaient réelles, nous en aurions été informés. Si elles étaient fondées, vous vous seriez allié la base et le Bureau national et c’est le président qui s’en serait allé. Par ailleurs, quelle formation politique n’a t-elle pas de crises ? Vos propres familles ne sont-elles pas le lieu de crises ? Quel organisme n’en connaît pas ? Nous pensions que vous aviez le courage de vos opinions pour défendre honorablement nos points de vue dans les instances supérieures du parti et à l’Assemblée nationale. Vous venez de démontrer que vous êtes incapables de défendre vos propres positions. Si cela est vrai, alors, quelle médiocrité et quelle ignominie, votre fuite en avant ! Nous comprenons du même coup votre mutisme légendaire à l’Assemblée. Il semble que le président se préparait à vous vider du parti. Cela est-il imaginable ? Ne nous prenez pas pour des écervelés ? Nous sommes des néophytes en politique, certes. Par contre, vous savez que nombreux d’entre nous ont plus de culture, de perspicacité, d’éducation citoyenne et de sagesse que vous. Au sujet de vos divergences autour de dépenses non remboursées, vous étiez engagés à verser au parti 750 000 FCFA par an. Avez-vous tenu parole ? Répondez aux militants. Avez-vous remboursé aussi ce que les militants ont investi pour vous faire parvenir à l’Assemblée ? Nombreux sont ceux qui savent que c’est le président, qui, souvent, au détriment de sa famille, tente de résoudre les problèmes financiers du parti. Vous paraissez plus ingénieux que cela. Vous auriez pu trouver des prétextes plus vraisemblables pour convaincre les militants et l’opinion.

 

"Votre avidité intrinsèque"

 

La cupidité, à des degrés différents, est votre trait commun. Qui ignore que le frère Bado Déma, déchu de l’Assemblée nationale, a bondi sur l’opportunité du PAREN triomphant pour revenir sur la scène politico-compradore ? Quel type de gendarme il a été, quel est son degré d’honnêteté, d’homme d’affaires actuel, de civisme et de civilité ? Pour toutes ces raisons, bien des militants du PAREN s’étaient prononcés contre sa candidature en tête de liste au Sanguié. Sa candidature n’a-t-elle pas réduit les chances de notre parti de conquérir le deuxième siège qui lui aurait été acquis dans la région du Centre-Ouest ? La Sœur Drabo née Kanylou, "fervente croyante", a oublié que tout ce que les hommes demandent à Dieu dans la fièvre de leur prière, Dieu n’a que les hommes pour le faire. Aussi, doit-elle se rappeler comment elle est parvenue en tête de liste nationale pour sortir de l’obscurité qui la couvre jusque dans son propre village. Il est aussi vérifié aujourd’hui que le frère Stéphane Sanou, courant depuis des années derrière les postes juteux et les feuilles (quelle qu’en soit la couleur), a quitté le CDP après les législatives de 1997 pour n’avoir pas été suffisamment acheté. L’erreur de sa cooptation incombe à la structure PAREN des Hauts-Bassins qui présente ses excuses à l’ensemble des militants et sympathisants au niveau national.

 

"Un prétexte : le financement de l’OBU"

 

A la suite de l’affaire des 30 millions que vous avez jetée dans la rumeur, nous nous étions décidés à condamner le président Bado et Emile Paré avec la dernière énergie parce que nous avions estimé que si cela était vérifié, ils auraient prêté le flanc au pouvoir qui a suffisamment fait preuve de machiavélisme dans notre histoire politique. Ayant lu le discours d’investiture du président, force nous est de reconnaître son honnêteté, sa transparence et son sens de la responsabilité. C’est un fait inédit dans l’histoire nationale. Il a déclaré avoir informé l’instance dirigeante du parti et a précisé l’usage qui en été fait, à travers une comptabilité soigneusement tenue, prouvant que la part du PAREN a servi au renforcement de notre parti. N’est-ce pas Senghor qui a incité Wade à créer un parti, l’a financé pour débouter le régime au pouvoir ? Est-ce là un argument pour justifier votre prostitution indicible ?

 

"Nous ne sommes pas du bétail électoral"

 

Plus que les députés nomades des autres partis, vous outragez les militants du PAREN et l’ensemble de vos électeurs. Vous savez qu’ils ne sont pas du bétail électoral. Ils n’ont pas vendu leurs voix. Ils vous les ont accordées pour accomplir une mission. En retour, ces électeurs avaient le droit d’être informés de l’usage que vous comptiez faire de leurs sièges. Simple devoir de toute conscience, même velléitaire. Au surplus, les militants du PAREN se sont battus, saignés sur le terrain avant certains d’entre vous, jusqu’à la victoire finale avec comme seules armes une philosophie, un programme et leur détermination. Vous avez bénéficié de leur confiance et de leur foi, de leur temps, de leur énergie, de leurs biens matériels et financiers pour devenir ce que vous croyez avoir conquis de haute lutte, à présent. Vous venez de les dépouiller de la manière la plus obscène et la loi vous l’autorise, votre conscience aussi. C’est une erreur monstrueuse : nos militants ne sont pas de la race des moutons et des porcs qui n’ont de référence que leur panse. Ils vous condamnent pour tentative de génocide et crime contre la démocratie.

 

"Votre projet de génocide politique est antérieur à votre candidature"

 

Votre projet génocidaire est antérieur à votre élection pour certains d’entre vous. Votre vaine tentative de rejoindre le CDP, l’an dernier, divulguée par "L’Indépendant", puis celle de février nous étaient confirmées. Vous avez refusé de démentir "L’Indépendant" sous le prétexte qu’il ne fallait pas réagir à toutes les balivernes. L’honorable Sanou Stéphane par exemple se souvient qu’il n’a rencontré le bureau des Hauts-Bassins qu’une et une seule fois depuis les législatives. Il s’en souvient, parce qu’il était à la barre devant le bureau du sous comité communal de Bobo-Dioulasso, trois mois seulement après son installation à l’Assemblée, pour répondre de son comportement jugé contraire aux engagements pris ensemble pendant la campagne législative et de certaines de ses accointances avec le parti au pouvoir qui n’auguraient pas d’une opposition positive. Il se souvient de son énervement qui l’a trahi au cours de cette rencontre. Et voilà, tout est à présent dévoilé au grand jour. Notre éducation et notre philosophie, disons-nous, ne nous autorisent pas certains propos. Cependant, sachez que vous avez eu tort d’oublier qui nous sommes. Vous avez violé le droit le plus inaliénable des milliers de sympathisants et de militants qui ont affûté leurs armes démocratiques pour vous porter à l’Assemblée nationale, contre le parti majoritaire où vous avez tenté de migrer par deux fois. Vous devriez vous rappeler que vous êtes parvenus à la faveur de notre programme, grâce à un engagement collectif et à la sympathie des citoyens patriotes clairvoyants. Que dire du bénéfice que vous avez tiré de l’aura de notre président présenté comme favori par les sondages à l’époque ?

 

"Politique politicienne"

 

Vous avez trahi tant de confiance pour des intérêts immédiats dignes d’êtres « sans foi ni loi » ! Nous disons que vous avez commis un crime crapuleux, même si le vagabondage politique n’est pas un délit au pays.(C’est le lieu d’interpeller le Président du FASO, si tant il est vrai qu’il souhaite une opposition conséquente dans notre cher Pays des Hommes intègres).En attendant cette loi indispensable à l’assainissement de notre démocratie de façade, si vous aviez encore un grain de conscience, vous devriez logiquement restituer leurs sièges aux militants du PAREN, en démissionnant de l’Assemblée nationale. Votre acte nous rappelle cette image persistante de la politique politicienne que nous combattons, celle des désespérés de la Vie. Ils croient n’avoir plus de salut et échoient dans l’animalité ; la politique des immoraux, des menteurs, des traîtres, des prostitués, des adeptes du ventre et du bas-ventre. Sachez cependant qu’enfin de compte, vous n’aurez réussi qu’à divertir momentanément l’élan de certains sympathisants qui croient à la vraie politique, ces citoyens honnêtes, ces intellectuels probes, ces milliers de jeunes, élèves, étudiants, chômeurs attachés à leur dignité d’êtres humains, ces croyants conséquents, rêvant tous avec le PAREN d’un Burkina plus éthique, plus juste et plus solidaire et qui disent non à la fatalité et à la politique politicienne assassine de notre développement collectif. Nous, nous croyons à l’avenir qui dépasse nos vies individuelles. Nous croyons au devenir radieux de notre pays. Nous sommes convaincus que la balle ne peut tomber plus bas que bas. C’est pourquoi, nous vivons cette espérance dans un engagement plus actif que jamais (vous nous avez transfigurés), selon les valeurs conformes à notre conscience collective, pour la promotion d’un ordre public burkinabè de dignité, de justice, de solidarité et de fraternité.

 

"Comme Judas, comme la race du serpent"

 

Par ruse et par cupidité, vous avez renoncé à votre portillon mort né, pour débarquer à l’ADF-RDA, satellite de l’omnipotent CDP. Alors, l’honorable Sanou Stéphane n’a plus qu’un pas à franchir à la poursuite du portefeuille ministérielle que le PAREN ne lui a pas donné, courtiser Gilbert Ouédraogo (de l’ADF/RDA, ndlr) (si un contrat n’est déjà signé) pour qu’il renonce à ces anciens militants, et lui troquer un poste au très prochain remaniement. Madame Drabo pourra se tailler un poste à l’étranger et Dema Bado continuera de plus belle (...) - contre des enveloppes substantielles, plus tranquillement. Vous aurez les feuilles pour vous allier des militants (...). Ils viendront dévorer vos poulets et se cuiter de votre bière, achetés sur notre dos. Mieux vaut pour nous que vous partiez ainsi plus tôt que tard. C’est sûrement une chance pour nous que le ver ait été extirpé du fruit avant d’en avoir entamé la substance. Nous avons tous été dupés, nous le répétons : votre prétention démesurée, votre propension maladive au luxe, au lucre et à la luxure étaient des signes incontestables d’un militantisme opportuniste dans le PAREN et nous n’avons pas pu vous transformer. Hélas ! (...). Votre conscience vous rappellera votre crime prémédité, un seul jour, un seul instant. Et comme on récolte ce qu’on sème, (c’est une loi aussi vraie que un et un font deux), prenez garde, les renégats sont toujours et partout traités de la même manière. Ils finissent pareillement, tout comme Judas, tout comme le serpent, à moins que la grâce ne vous conduise à la repentance, avant qu’il ne soit tard.

 

Des militants de base de Bobo Dioulasso

 

Ont signé :

 

 SANGARE Idirissa, département

 BADO Georges, secteur 17 SANOU Eugène, secteur 13 SANOU Siaka, secteur 14 BAZAM Alexis, secteur 2 SAWADOGO Zoenabo, secteur 17 SOME Rigobert, secteur 15 GUIGUEMDE Rosalie, secteur 14

 

NDLR : Pour des raisons d’éthique et de déontologie, nous avons supprimé certaines parties et les avons remplacées par des points de suspension entre parenthèses.

 

Le Pays

Publié dans Droit de réponses

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