Congrès du PAREN : Bado bouge sans partir !

Publié le par Parti de la Renaissance Nationale

Le Parti de la renaissance nationale (PAREN) a tenu son 2ème congrès ordinaire les 1er et 2 juillet dernier au Centre culturel Gambidi de Ouagadougou. Pour le parti, ce congrès est un tournant historique. Il voit en effet, le renouvellement du bureau exécutif et surtout la désignation d’un nouveau président en remplacement du fondateur du parti, Laurent Bado.

 

Il passe le témoin à son ancien secrétaire général, Oumar Djiguimdé. Le " président volontairement sortant " du PAREN n’a aucune fonction définie dans la nouvelle équipe. Ni président d’honneur ni conseiller. Mais les propos de son successeur laissent croire que Bado reste encore le maître à bord du PAREN : " Laurent Bado Kilachiu restera, toute sa vie durant, le socle et le roc du parti, la pierre d’angle de notre édifice partisan, le dernier recours dans nos tribulations. "

 

Bado lui-même avait prévenu dans son discours d’ouverture du congrès que le nouveau président du PAREN et son bureau exécutif seront " sous ma tutelle vigilante, et jusqu’à nouvel ordre ". Il ne dit pas quand sa tutelle va prendre fin. Son départ a tout l’air d’un faux départ. Il bouge de sa place de président du parti sans partir en réalité. Mais qu’en est-il de son bilan après six ans passés à la tête du parti ?

 

S’il a le mérite d’avoir créé et placé le PAREN parmi les partis qui comptent sur l’échiquier politique national, il faut néanmoins reconnaître que les résultats électoraux du parti sont allés de mal en pis ces dernières années. A la création du PAREN en 1999, Bado lui-même était, selon un sondage réalisé en 2002 à Ouagadougou par L’Evénement, " l’homme politique le plus crédible du Burkina ". Il distançait de loin Blaise Compaoré et Joseph Ki-Zerbo.

 

Aux municipales de septembre 2000, le parti ayant présenté 81 candidats dans cinq (5) circonscriptions électorales, avait obtenu huit (8) sièges, tous dans la commune de Réo. Ce qui lui avait permis de diriger la mairie pour un bout de temps car, des querelles internes au parti vont engendrer la destitution du maire et finalement la dissolution du Conseil municipal et son remplacement par une délégation spéciale.

 

Malgré tout, on peut dire qu’à l’époque, le PAREN n’avait pas fait piètre figure. En terme de pourcentage, le PAREN recueillait 9, 87% des sièges dans les localités où il était en lice. Pour un parti qui n’avait qu’un an d’existence, c’était incontestablement une belle performance. Aux législatives de mai 2002, il fait mieux en obtenant 4 députés. Mais dès 2003, le parti commence à décliner. Pour mesurer le recul du parti entre 2000 et 2006, il suffit de comparer ses résultats lors des deux élections municipales. Aux municipales d’avril dernier, le PAREN présente des listes dans 27 circonscriptions électorales.

 

A l’arrivée, il obtient 24 conseillers sur les 1308 sièges à pourvoir dans ces 27 circonscriptions. De 9,87% de sièges en 2000, le PAREN se retrouve en 2006 avec 1,83%. Cette baisse est surtout sensible dans la commune de Réo considérée comme le fief de son président. Si en 2000, le PAREN était le premier parti de la commune avec 8 conseillers, en 2006, il est largement distancé par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à qui revient la présidence du Conseil municipal. Dans cette instance, le PAREN ne compte désormais que 3 conseillers.

 

En terme de suffrages, on note également un recul du PAREN. La baisse n’a fait que s’accentuer. Dans le Sanguié où le parti a présenté des candidats dans les six (6) communes, seulement 2 650 électeurs ont porté leurs voix au PAREN contre 7 041 à la présidentielle. Dans le Kadiogo, le PAREN n’a pu présenter des candidats que dans quatre arrondissements de Ouagadougou. Il était absent dans un arrondissement et dans tous les départements de la province.

 

A l’arrivée, aucun conseiller et seulement 2656 voix. Comparé à la présidentielle, ce score est un naufrage pour le parti car, son candidat avait obtenu 15 812 voix dans la province. Qu’est-ce qui peut bien expliquer ces revers électoraux du PAREN ? On y voit certainement le manque de moyens. Mais, il ne faut pas négliger la personnalité de son géniteur. Le PAREN, c’est Bado et ce dernier est plus connu que son parti.

 

Tout ce qui touche à Bado en bien comme en mal déteint forcément sur son parti. C’est en cela que l’affaire des millions des députés en fin 2003 et le scandale des millions de Blaise offerts à l’OBU via Bado ont dû certainement entacher la probité de l’homme et joué sur la crédibilité du PAREN. Djiguemdé et son équipe pourront-ils inverser cette tendance très fâcheuse pour le parti ? En tout cas, ils promettent de rendre le PAREN " plus entreprenant " avec ou sans Bado.

 

Idrissa Barry

 

L’Evénement

Publié dans Divers

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